Ecrire l’histoire de son temps dans l’Antiquité, de Thucydide à Ammien Marcellin

 

 

Responsable : Valérie Fromentin  mail
Financement : IUF

Ce projet s’inscrit dans un mouvement de plus en plus visible de la recherche actuelle qui remet en question les principes (présupposés et catégories) sur lesquels s’est fondé le savant allemand Felix Jacoby pour éditer ses Fragmente der griechischen Historiker (1923-1959) et reconstituer une histoire de l’historiographie (grecque mais aussi romaine) qui a irrigué en profondeur et largement conditionné les études classiques depuis plus d’un demi-siècle. Nous nous proposons plus particulièrement de rééexaminer à nouveaux frais ce que Jacoby considérait comme le sous-genre le plus « accompli » et le plus prisé dans l’Antiquité : « l’histoire contemporaine » (Zeitgeschichte), autrement dit les historiens grecs et romains qui ont raconté l'histoire de leur temps ou du passé récent, soit sous la forme de monographies, soit dans le cadre d'histoires universelles ou ab Urbe condita. Ce genre historique est attesté dans toute l'Antiquité (de Thucydide à Ammien Marcellin) mais il n'y a jamais fait l'objet d'une définition précise ni d'une théorisation poussée. Seuls ses représentants les plus célèbres et les mieux conservés ont été étudiés par les modernes (Thucydide, Xénophon, Polybe, César, Salluste, Flavius Josèphe, Hérodien, Ammien Marcellin), occultant une réalité très diverse (documentée par de nombreuses sources fragmentaires) et des domaines encore peu explorés comme « l'historiographie épigraphique ». L'enjeu est donc de réévaluer la position de « l'histoire contemporaine » dans l'historiographie antique et de mettre en évidence ses caractéristiques propres.

La Fondation Hardt pour l’Antiquité classique a accepté de consacrer à cette thématique ses 67e Entretiens, qui se tiendront à Vandoeuvres-Genève du 24 au 28 août 2020.