La lieutenance du roi

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Henry de Grosmont, comte de Derby, lieutenant du
roi en Aquitaine en 1345. British Library, The Bruges Garter Book, Stowe 594, folio 8, XVe siècle 
 

 

 

En cas d’urgence ou de nécessité, le roi-duc peut nommer un ou deux lieutenants auxquels tous les autres officiers du duché, y compris le sénéchal de Gascogne, doivent obéissance. Ces hommes, issus de la très haute noblesse d’Angleterre ou de la famille royale, sont envoyés sur le continent pour mener à bien des missions spécifiques d’ordre diplomatique ou militaire. Ainsi, lorsqu’éclate la guerre de Saint-Sardos en juillet 1324, Édouard II (1307-1327) nomme son frère Edmond de Woodstock, comte de Kent, lieutenant et capitaine de Guyenne chargé de défendre le duché contre l’invasion française (C61/36, 18, membrane 30, 15). Le 10 mai 1345, en pleine guerre de Cent Ans, Édouard III (1327-1377) nomme le comte de Derby, Henri de Lancastre, à la lieutenance de la Guyenne avec pour mission de récupérer les territoires perdus (C61/51, 19, membrane 6, 31). Sa vaste offensive s’avère être un véritable succès.

 

Enfin, la chute de l'Aquitaine anglo-gasconne est marquée par la lieutenance de John Talbot, comte de Shrewsbury, chargé en septembre 1452 par Henri VI (1422-1461) de tenter une ultime reconquête du duché (C61/139, 31, membrane 6, 27). C’est en effectuant cette mission que John Talbot périt à la bataille de Castillon le 17 juillet 1453.

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Mort de John Talbot, lieutenant du roi en Aquitaine, lors de la bataille de Castillon en 1453. Bibliothèque nationale de France, Vigiles du roi Charles VII de Martial d’Auvergne, Français 5054, folio 229v, XVe siècle