Les connétablies

 

FIG33

Jean III de Grailly, captal de Buch, connétable d’Aquitaine en 1371. British Library, The Bruges Garter Book, Stowe 594, folio 8v, XVe siècle
  Il s’agit d’un titre militaire. Les connétables d’Aquitaine sont les commandants des places-fortes du duché recrutés parmi les vassaux du roi-duc. Le connétable de Bordeaux occupe quant à lui une charge bien différente. S’il doit son titre à son statut de gardien du palais de l’Ombrière à Bordeaux (lieu de stockage de l’arsenal ducal), sa fonction principale est d’administrer les finances du duché d’Aquitaine et de diriger la frappe des monnaies. Il peut être nommé par le roi-duc ou par le sénéchal de Gascogne.
Le connétable de Bordeaux est à la fois un receveur, un percepteur et un trésorier. Il encaisse les revenus des domaines du roi-duc ainsi que les produits des coutumes (comme les taxes de douane), paie les gages et les dons, rembourse les dettes du roi-duc, et enfin finance les travaux publics et les dépenses militaires. Son activité est contrôlée par l’Échiquier de Londres auquel il doit remettre ses comptes en fin de charge, comme le fit Richard de Elsfield le 26 juillet 1320. Clerc du roi et connétable de Bordeaux, ce dernier est convoqué à la cour de l’Échiquier le 29 septembre suivant afin de remettre les  « rôles » de ses comptes (rouleaux de parchemins). Ordre lui est aussi donné de vérifier les comptes des agents placés sous son autorité (bayles et prévôts) et de les contraindre à payer leurs arriérés (C61/33, 13-14, membrane 7d, 133). 
Enfin, contrairement au sénéchal de Gascogne, le connétable de Bordeaux est la plupart du temps recruté parmi les clercs (anglais ou gascons) porteurs du titre de docteur ou de maître. L’un des plus brillants de ces connétables est sans conteste le maître John Streatley. Nommé pour la première fois à cette fonction le 28 avril 1348 (C61/60, 22, membrane 30), John Streatley est docteur en droit canon et doyen du chapitre de Lincoln. Après sa seconde nomination qui s’achève le 20 septembre 1361, il demeure en Aquitaine en tant que conseiller royal puis chancelier d’Édouard de Woodstock, le Prince Noir, pour lequel il joue à plusieurs reprises le rôle de négociateur avec les Français.